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dimanche 2 juillet 2017

Un changement climatique non maîtrisé

English translation below 

Aux États-Unis, une oligarchie politico-économique élue a choisi de sacrifier le genre humain pour son profit immédiat, sur l’autel du changement climatique, en se retirant de l’accord de Paris de décembre 2015 sur le climat.

Cette annonce a eu pour effet immédiat de resserrer les liens des quelques 200 autres pays signataires, l’Union Européenne et la Chine en tête. Les Universités Américaines, les plus grandes villes, et une trentaine d’États américains poursuivent l’effort, avec l'objectif clair de “Make Our Planet Great Again”, rendre à notre planète sa grandeur, selon les termes du Président de la république E. Macron. Reste à examiner s’il est toujours possible, et à quelles conditions, de combattre le changement climatique pour que les générations futures puissent encore vivre sur notre planète.

De la nature humaine

Les biologistes décrivent les êtres humains comme une espèce prédatrice et colonisatrice. Elle croît jusqu'à envahir son environnement entièrement qu'elle épuise peu à peu. Lorsqu’il est totalement épuisé elle se met en quête d’envahir un nouvel environnement qui lui soit propice. Mais aujourd'hui l’homme a envahi toute la planète et l’a en grande partie épuisée.

Le comportement de l’homme fait avant tout qu'il trouve “naturel” de se préoccuper de son seul intérêt propre, et qu'il trouve majoritairement tout aussi “naturel” de se désintéresser du bien collectif commun qu'il a l’habitude de confier aux politiques. Ceux-ci ont institué un système démocratique (ou pas) qui s’assimile à une domination du peuple par une élite économique déconnectée de l’opinion majoritaire. La dépendance de cette élite à l'argent et aux profits est responsable de l'extinction massive des espèces en cours. 

L’homme est perpétuellement en guerre avec ses semblables sous tous les prétextes possibles dont le plus ancien est la religion. Les hommes ont été incapables, en des dizaines de milliers d’années, de se débarrasser des guerres. Quand ils échouent à résoudre un problème politique ou économique un peu compliqué, la guerre devient la seule solution de dépasser les difficultés rencontrées. Les hommes sont des spécialistes pour rebâtir sur les décombres fumants de leurs dévastations.

Par son comportement “naturel” l’homme moderne (?) détruit tous les habitats possibles qu'il a envahi, puis colonisé, mais cela ne le prémunit pas de l’extinction, car la Nature ne lui donne pas plus de garantie de survie sur le long terme qu’aux dinosaures. 

Empreinte humaine et capitalisme

L’humanité consomme 1,7 fois la capacité de la Terre à se renouveler. Faire décroître cette empreinte bien en-dessous d’une Terre est devenu une question de survie pour l’humanité. Mais, envisage-t-on une décroissance de la consommation humaine ?  

Pas du tout, car la croissance est considérée comme indispensable au système capitaliste pour payer des intérêts, des dividendes et des bonus. Même si on décidait de les supprimer au nom de la décroissance, il n’est pas sûr que l’on saurait comment s’y prendre, car nous avons fait du profit un dieu. 

L’incapacité de payer les intérêts d’une dette s’appelle un défaut. Quand cette incapacité est généralisée, cela s’appelle un effondrement bancaire systémique. Les banques ne se font plus confiance et ne prêtent plus ; les entreprises font faillite sous le poids des dettes. Si la loi avait séparé les banques de dépôts des banques d’investissements, le citoyen serait supposé ne pas perdre d’argent, ce qui n’est pas le cas aujourd'hui. De toute façon il n'arriverait plus à emprunter. Il ne peut se développer que sur ses économies.

Il en est de même pour les entreprises en période de décroissance : se libérer des dettes, ne plus nuire à l’environnement, dépolluer, faire du neuf avec du vieux.

On peut donc dire que la décroissance nécessaire est incompatible avec le cadre actuel d'un système purement capitaliste.
C’est pourquoi, se débarrasser du capitalisme est devenu une question de survie pour une humanité qui voudrait réduire son empreinte à un niveau soutenable.  

Les connaissances scientifiques

La croissance effrénée a enclenché l’accumulation de gaz à effet de serre (GES) dans l'atmosphère, depuis longtemps le dioxyde de carbone (CO2) et plus récemment le méthane (CH4), le protoxyde d’azote (N2O), et bien d'autres. Ces GES ont amené une hausse des températures moyennes, ce qu’on appelle le réchauffement climatique. En mars 2017 notre planète souffrait d’une anomalie de +1,25°C par rapport à l’ère pré-industrielle (avant 1750, définition du GIEC), plus marquée au sol en hémisphère nord à une moyenne record de 2,47°C. 

Les conséquences du réchauffement climatique sont parfaitement observables et ressenties par des phénomènes en lente croissance exponentielle : records de sécheresse, inondations, précession des saisons, baisse des récoltes de céréales et de fruits, pénurie et manque d'eau, fontes des glaciers et des pôles, dégel du Cercle polaire Arctique et du continent Antarctique, montée du niveau des océans, acidification et désoxygénation des océans, disparitions des espèces animales marines et terrestres, donc de nos chaînes alimentaires, disparition des forêts tropicales et subpolaires par la déforestation, la réallocation des sols, la sécheresse et les maladies, les feux de forêts déclenchés par la foudre, augmentation des ouragans et typhons en nombre et intensité, les nouveaux phénomènes amplificateurs induits par le réchauffement comme El Niño et les quelques 60 boucles de rétroaction positives.

Le dégel des calottes glaciaires est irréversible aux deux pôles, au Groenland, dans les glaciers et dans toutes les chaînes de montagne, l’Himalaya étant au premier rang. Au total, au moins 70 mètres de montée du niveau des océans. Mais la lenteur de l’accélération de ces dégels n’est pas brusquement visible dans nos ports et sur nos côtes par une montée de l’eau subite capable de réveiller les consciences. Tout au plus, on reconstruit les maisons sur de plus hauts pilotis et on surélève les rues comme à Miami ou à Long Island.

En Europe, les moissons d’été ont commencé en juin 2017. La sécheresse est passée par là depuis le début de l’année.

Certainement on doit stopper la production des GES, de toute origine. Tout en sachant qu’à la température actuelle, nous ne pouvons plus contrôler un éventuel relâchement de méthane stocké dans les hauts fonds qui bordent l’océan Arctique. Les 50 Gigatonnes de méthane qui sont censés s’y trouver, vont provoquer un bond des températures que les experts qualifient de catastrophique.

Le corps humain est une centrale thermique qui se maintien à 37°C. Il échange avec l'air ambiant. Ce n'est possible que dans certaines combinaisons de température et d'humilité. Sur la Côte d'Azur le corps accepte 40°C avec une humidité de 20%. Dans les zones tropicales une humidité de 90% avec une température de 40°C sera mortel : en quelques heures, le corps humain sera "cuit" de l'intérieur comme de l'extérieur.  

Les êtres humains sont parfaitement conscients de l’augmentation de tous ces phénomènes, mais ils n’arrivent pas à se représenter ni la lenteur de cette progression année après année, ni sa croissance exponentielle. Ils pensent qu'une progression lente laisse le temps de revenir plus tard sur le phénomène pour s'en occuper. Mais la progression exponentielle du phénomène va les surprendre tôt ou tard. C'est ce qui fait qu'ils sont toujours en retard dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Mais le changement climatique n’attend pas l’homme. Les effets des quelques 60 boucles amplificatrices de rétroaction positive n’ont pas été examinées en détail. Cependant on sait qu’elles sont propres à accélérer (exponentiellement) et à prolonger le réchauffement de la planète. Dès lors, le consensus des experts sur un réchauffement minimum de 3°C à 4°C, difficilement supportable pour l’être humain, sera dépassé avec certitude.

Une alerte connue et publiée fréquemment

Au cours de ces 45 dernières années, l’humanité a été alertée à de nombreuses reprises sur la catastrophe planétaire inévitable qui s’ensuivrait à vouloir poursuivre une croissance économique, énergétique, démographique, sans frein sur une planète aux ressources finies (limitées).


Il y a donc 45 ans, en 1972, Donella Meadows, Dennis Meadows, Jorgen Randers et 14 autres chercheurs du MIT mettaient la Théorie de la Dynamique des Systèmes en équations pour modéliser la croissance. La Théorie de la Dynamique des Systèmes provient des travaux de Jay Forrester, professeur au MIT, concepteur du modèle informatique Word3. La version initiale de Word3 a été adaptée en Word3-91 et les résultats, similaires à ceux de 1972, furent publiés sous « Beyond the Limits » en 1992. Une adaptation nouvelle en Word3-03 a engendré les résultats publiés en 2004 en anglais, dont nous lisons enfin en 2012 la traduction sous “Les limites à la croissance (dans un monde fini)” qui est une traduction française de « The Limits to Growth, The 30-Year Update ». C’était la mise à jour en 2004, 32 ans après, du 1er fameux Rapport Meadows de 1972 qui fut inspiré par Aurelio Peccei, fondateur du Club de Rome. Comme en 1972, le modèle montre un effondrement situé entre 2015 et 2025.



D’après les auteurs, le scénario initial de 1972 se confirme toujours actuellement, bien qu’il soit basé sur des données de l’époque qui décrivent de façon réaliste la seconde moitié du 20ème siècle. On y constate un décrochage avant 2025 de la production industrielle, de la production agricole (nourriture disponible),  de l’espérance de vie, du bien-être humain et des ressources non renouvelables de la planète. Pour l'équipe Meadows, la démographie du système-Terre, marqué par l'instabilité de notre civilisation industrielle, mène à un déclin irréversible et incontrôlé à partir de 2030.

Après avoir tenté divers scénarios, les auteurs décrivent, dans un scénario n° 9, une planète qui aurait cherché, à partir de 2002, à stabiliser sa population et sa production industrielle par habitant, et qui aurait investi dans la lutte antipollution, dans la préservation des ressources non renouvelables et dans l’agriculture.

Effondrement

Nous avons vu que l’homme détruit son habitat, la Terre, et qu'il trouve cela “naturel”. Les profits des plus riches, basés sur la dette des plus pauvres, les a entraîné dans une spirale addictive aux profits, d'un capitalisme devenu incompatible avec la lutte contre le changement climatique. Les hommes ont été alertés depuis 45 ans sur l’effondrement qui devait se présenter au début du XXIème siècle, mettant en péril toutes les espèces vivantes de la planète.

Les scientifiques ont produit des centaines de rapports validés par leurs pairs et publiés dans des revues scientifiques comme Science ou Nature. Ces dernières années, plusieurs auteurs ont remis ces rapports en perspective, pour créer un véritable réveil des consciences et voici ma sélection de leurs livres :


Un consensus politique est survenu lors de la COP21 en décembre 2015 pour limiter le réchauffement entre 3°C et 4°C (efforts annoncés par l’ensemble des pays) bien que l’objectif visé officiellement soit de 2°C et si possible 1,5°C. En face de ces objectifs, les mesures de mars 2017 montraient un réchauffement global de 1,25°C par rapport à l’ère pré-industrielle, et de 2,47°C au sol en moyenne dans l’hémisphère nord. Ces chiffres sont à surveiller comme le lait sur le feu.

On sait qu’on a engendré des phénomènes d’accélération et de prolongement du réchauffement qui vont nous entraîner bien au-delà des efforts annoncés. Car nous avions déjà franchi le point de basculement des températures de réchauffement à la fin de l’épisode El Niño, en avril 2016. Au-delà de ce point de basculement on sait qu’il est impossible de revenir aux températures stables d’antan.

Depuis nous sommes entrés en zone inconnue de réchauffement, où nous ne pouvons plus prévoir à quel niveau de température cela s’arrêtera, malgré la géo-ingénierie chimérique, annoncée mais jamais déployée.

En guise de conclusion  

Il y a cependant des choses à faire sur le plan local pour créer les conditions résilientes de vie ultérieure éventuelle. Une transition vers une autre société nous oblige à travailler notre imaginaire, donc de nous faire des récits pour inverser ces spirales de violence et de pessimisme. Des récits qui rejettent toute dissonance cognitive et tout déni. Soyons les transitionneurs qui inventent leur propre avenir. Car les initiatives de transition libèrent les gens de ces sentiments d'impuissance tellement toxique et répandue dans la population. L'urgence est de reconstruire un tissu social local solide et vivant, doté d'un climat de confiance, c'est-à-dire un véritable « capital social » qui puisse servir en cas de catastrophe.

Les transitionneurs (qui pensent : « on est tous dans le même bateau ») souvent non-violents, collectivistes, appellent à une transition à grande échelle, car la vie n'a plus de sens si tout s'effondre. Pratiquant l'ouverture et l'inclusion, ils sont convaincus que l'avenir est dans les éco-villages, l'entraide et l'imaginaire de transition. Ils pensent « ensemble on va plus loin ».

Malgré tout, la transition est encore à très petite échelle pour le moment. Et il n’est pas sûr que nous ne soyons pas dépassés par des phénomènes abrupts, en croissance exponentielle, capables d’annihiler les efforts de transition à grande échelle.

Kevin Anderson, professeur d'énergie et de changements climatiques à l'Université de Manchester, soutient qu'il y a 95 % de risques que l'action contre le changement climatique ne soit pas assez robuste pour confiner la croissance du réchauffement de la Terre en dessous de l'objectif de 1,5°C-2°C. Il pense qu'il reste une petite chance de 5% de réussite possible. Paul Jorion, anthropologue et sociologue, estime que le genre humain n’est pas équipé mentalement pour faire face à ce défi qui maintenant semble le dépasser.

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Please apologize the poor translation

An uncontrolled climate change

In the United States, an elected political-economic oligarchy has chosen to sacrifice humanity for its immediate benefit, on the altar of climate change, by withdrawing from the December 2015 climate accord.

The announcement had the immediate effect of strengthening the ties of the 200 other signatory countries, the European Union and China at first. American Universities, the largest cities, and some thirty American states continue the effort, with the clear goal of "Make Our Planet Great Again", were the words of the French President of the Republic E. Macron. It remains to be seen whether it is still possible, and under what conditions, to combat climate change so that future generations can still live on our planet.

Human nature

Biologists describe human beings as a predatory and colonizing species. It grows until it invades its environment, which it exhausts little by little. When it is exhausted, it sets out to invade a new propitious environment. But today man has invaded the whole planet and has largely exhausted it.

Man's behavior is above all that he finds it "natural" to concern himself with his own self-interest, and that he finds mostly just as "natural" to lose interest in the common collective good he is accustomed to entrust to the politicians. They have instituted a democratic system (or not) that is assimilated to a domination of the people by an economic elite disconnected from the majority opinion.

Man is perpetually at war with his fellow men under all possible pretexts, the most ancient of which is religion. Men have been incapable, in tens of thousands years, of getting rid of wars. When they fail to solve a rather complicated political or economic problem, war becomes the only solution to overcome the difficulties encountered. Men are specialists in rebuilding on the smoking rubble of their devastation.

By his "natural" behavior man destroys all the possible habitats that he has invaded and then colonized, but this does not protect him from extinction, for Nature does not give him more guarantee of survival over the long term than the dinosaurs.

Human Footprint and Capitalism

Humanity consumes 1.7 times the capacity of the Earth to renew itself. Decreasing this footprint far below one Earth has become a matter of survival for humanity. But is there a prospect of a decrease in human consumption?

Not at all, because growth is considered indispensable to the capitalist system to pay interest, dividends and bonuses. Even if it were decided to remove them in the name of decreasing, it is not certain that one would know how to go about it.

The inability to pay interest on a debt is called a default. When this disability is widespread, it is called a systemic bank collapse. Banks no longer trust and lend; The companies go bankrupt under the weight of the debts. If the law had separated the deposit banks from the investment banks, the citizen would be presumed not to lose money, which is not the case today. In any case he would no longer be able to borrow. He must save if he wants to develop.

It is the same for companies in a period of decline: to free themselves of debts, no longer harm the environment, clean up, make new with the old.

It can therefore be said that the necessary decrease is incompatible with the present framework of a purely capitalist system.
That is why getting rid of capitalism has become a matter of survival for a humanity that wants to reduce its footprint to a sustainable level.

Scientific knowledge

Rampant growth has triggered the accumulation of greenhouse gases (GHGs) in the atmosphere, carbon dioxide (CO2), and more recently methane (CH4), nitrous oxide (N2O), and many others. These GHGs have led to an increase in average temperatures, known as global warming. In March 2017, our planet suffered an anomaly of +1.25°C compared to the pre-industrial era (before 1750, IPCC definition), more pronounced on land in the northern hemisphere at a record average of 2.47°C.

The consequences of global warming are perfectly observable and experienced by slow exponential growth phenomena: drought records, floods, seasonal precariousness, reduced crops of cereals and fruits, shortages of water, melting of glaciers and poles, thawing of the Arctic Circle and the Antarctic continent, rising ocean levels, acidification and deoxygenation of the oceans, disappearance of marine and terrestrial animal species, and therefore of our food chains, disappearance of tropical and sub-polar forests through deforestation, drought and disease, forest fires triggered by lightning, increased hurricanes and typhoons in number and intensity, new wave-induced amplifier phenomena such as El Niño, and some 60 positive feedback loops.

Thawing of ice caps is irreversible at both poles, in Greenland, in glaciers and in all mountain ranges, with the Himalayas in the forefront. In total, at least 70 meters of rising sea level. But the slowness of the acceleration of these thaws is not suddenly visible in our ports and on our coasts by a surge of sudden water capable of awakening consciences. At the most, houses are rebuilt on higher piles and the streets are raised like in Miami or Long Island.

In Europe, summer harvesting began in June 2017. The drought has been there since the beginning of the year.

Certainly we must stop the production of GHGs, from any origin. Knowing that at the current temperature we can no longer control the release of methane from the shallows that border the Arctic Ocean. The 50 gigatonnes of methane that are supposed to be there will cause a surge in temperatures that experts call catastrophic. 

The human body is a thermal power plant that maintains at 37°C. It exchanges with the ambient air. This is only possible in certain combinations of temperature and humidity. At the Côte d'Azur the body accepts 40°C with a humidity of 20%. In the tropics a humidity of 90% with a temperature of 40°C will be deadly  : in a few hours, the human body will be "cooked" from inside and outside. 

Human beings are well aware of the increase in all these phenomena, but they can not imagine the slowness of this progression year after year nor its exponential growth. They think that a slow progression allows the time to come back later on the phenomenon to take care of it. But the exponential progression of the phenomenon will surprise them sooner or later. This is why they are always behind in the fight against global warming.

Climate change does not wait for man. The effects of most positive feedback amplifier loops were not examined in detail. However, they are known to accelerate (exponentially) and prolong global warming. Consequently, the experts' consensus on a minimum warming of 3°C to 4°C, which is difficult to bear for humans, will be exceeded with certainty.

A known and frequently published alert

Over the past 45 years, humanity has been alerted on numerous occasions to the inevitable planetary catastrophe that would ensue to pursue an economic, energetic, demographic, unrestrained growth on a planet with finite (limited) resources.


So, in 1972, Donella Meadows, Dennis Meadows, Jorgen Randers and 14 other MIT researchers put the Theory of Systems Dynamics into equations for modeling growth. The Theory of Systems Dynamics stems from the work of Jay Forrester, a professor at MIT, the designer of the Word3 computer model. The original version of Word3 was adapted in Word3-91 and the results, similar to those of 1972, were published under "Beyond the Limits" in 1992. A new adaptation in Word3-03 resulted in the results published in 2004 in English, which we read in French in 2012 under "Les limites à la croissance (dans un monde fini)" which is a French translation of "The Limits to Growth, The 30-Year Update". It was the update in 2004, 32 years later, of the first famous Meadows Report of 1972 which was inspired by Aurelio Peccei, founder of the Club of Rome. As in 1972, the model shows a collapse between 2015 and 2025.




According to the authors, the initial scenario of 1972 is still valid, although it is based on data from the period that realistically describes the second half of the 20th century. There is a decline in industrial production, agricultural production (food availability), life expectancy, human well-being and non-renewable resources on the planet by 2025. For the Meadows team, the demography of the Earth system, marked by the instability of our industrial civilization, leads to an irreversible and uncontrolled decline from 2030 onwards.

After a series of scenarios, the authors describe in a scenario No. 9, a planet which, since 2002, would have sought to stabilize its population and industrial production per capita, and which would have invested in pollution control, conservation of non-renewable resources and in agriculture.

Collapse

We have seen that man destroys his habitat, the Earth, and finds it "natural". The profits of the wealthiest, based on the debt of the poorest, have led them into an addictive spiral of profits, a capitalism incompatible with the fight against climate change. Men have been alerted for 45 years on the collapse that was to occur at the beginning of the 21st century, jeopardizing all the living species on the planet.

Scientists have produced hundreds of peer-reviewed reports published in scientific journals such as Science or Nature. In recent years, several authors have put these reports in perspective, to create a true awakening of consciousness and here is my selection of their books:


A political consensus was reached at COP21 in December 2015 to limit warming to between 3°C and 4°C (efforts announced by all countries) although the official objective is 2°C and if possible 1.5°C. In response to these objectives, the March 2017 measures showed an overall warming of 1.25°C compared to the pre-industrial era and an average of 2.47°C on land in the northern hemisphere. These figures are to be watched as milk on fire.

We know that we have generated phenomena of acceleration and prolongation of the warming which will lead us well beyond the announced efforts. Because we had already crossed the tipping point of the warming temperatures at the end of the El Niño episode in April 2016. Beyond this tipping point it is known that it is impossible to return to the stable temperatures of yore .

Since we have entered the unknown zone of warming, where we can not predict at what temperature level this will stop, despite chimerical geo-engineering, announced but never deployed.

As a conclusion

There are, however, things to be done at the local level to create the resilient conditions for possible future life. A transition to another society forces us to have our imagination working, so to tell stories to reverse these spirals of violence and pessimism. Stories that reject any cognitive dissonance and denial. Let us be the transitioners who invent their own future. Because transition initiatives free people from these feelings of impotence so toxic and widespread in the population. The urgent need is to rebuild a solid and vibrant local social fabric, with a climate of trust, that is to say a real "social capital" which can be used in case of disaster.

Transitioners (who think "we are all in the same boat") often non-violent, collectivist, call for a transition on a large scale, because life no longer makes sense if everything collapses. Practicing openness and inclusion, they are convinced that the future lies in eco-villages, mutual aid and the transitional imagination. They think "together we go further".

Nevertheless, the transition is still very small at the moment. And it is not certain that we are not overtaken by abrupt, exponential growth phenomena, capable of annihilating large-scale transition efforts.

Kevin Anderson, Professor of Energy and Climate Change at the University of Manchester, argues that there is a 95% risk that action against climate change is not robust enough to contain the growth of global warming below the target of 1.5°C to 2°C. He thinks there is still a small 5% chance of success. Paul Jorion, an anthropologist and sociologist, believes that mankind is not mentally equipped to face this challenge that now seems to go beyond it.

samedi 20 mai 2017

On renonce à contrer le réchauffement climatique ?

English translation below

Les États-Unis et le Canada s’entendent pour l’exploitation accrue du gaz de schiste en construisant trois pipelines à travers le continent nord-américain. Des forages pétroliers sont déjà autorisés dans les territoires du grand nord canadien et les Russes en prévoient autant du côté sibérien de l’Arctique.  
Les commandes d’avions n'ont jamais été aussi élevées dans le monde. L’extension de l’aéroport de Londres Heathrow ainsi que des solutions alternatives à la construction du second aéroport de Nantes sont prévus. On a un urgent besoin d’aéronefs fonctionnants sans kérosène comme des ballons dirigeables et des avions solaires. La mobilité plus lente qu’implique ces solutions fait qu’elles restent dans les cartons à l'état de concepts.

Tout ceci est en contradiction avec l’accord de Paris pris en décembre 2015 à la COP21, qui avait pour objectif de contenir le réchauffement climatique entre 1,5°C et 2,0°C.

Au GIEC, les experts du changement climatique disent qu'ils veulent rester dans ces limites. Mais devant cette impossibilité constatée par le monde académique et scientifique, ils suggèrent implicitement le recours à la géo-ingénierie, c'est-à-dire par gestion du rayonnement solaire (Solar Radiation Management ou SRM) et par extraction et stockage du CO2 de l’atmosphère (CCS), pour rentrer dans les clous.

De façon incompréhensible, le GIEC s'appuie encore toujours sur des modèles mathématiques qui ne tiennent pas compte de la quelque soixantaine de boucles de rétroactions positives identifiées par les experts. Ces boucles amplificatrices ont comme propriétés d'accélérer le réchauffement climatique et de le prolonger. Un réchauffement moyen de 3°C-4°C communément admis par la plupart des experts, pourrait selon d'autres, à cause de ces boucles amplificatrices, se prolonger au-delà de toute capacité de survie de l'humanité sur Terre jusqu'à 8°C-9°C ou plus pour les experts les plus en flèche. À l'époque, seulement une vingtaine de ces boucles avaient été identifiées mais le GIEC en a quand même ignoré quelques unes. Dans ses rapports, le GIEC ne parle pas de ce qu'il ne sait pas calculer ; c'est pour cette raison par exemple qu'il mentionne seulement 1 mètre d'élévation du niveau des océans pour 2100, mais la réalité sera bien pire, de 5 à 9 mètres selon James Hansen et fort probablement plus.

Ces prises de position du GIEC marque non seulement de la complaisance, mais représente carrément un feu vert pour les compagnies extractivistes d'énergies fossiles et de ressources non renouvelables de pouvoir développer sans contrainte leurs activités polluantes en gaz à effet de serre (GES) et destructrices de l'environnement.

Dans un récent interview[1] accordé à Climate News Network, Kevin Anderson, professeur d'énergie et de changements climatiques à l'Université de Manchester, soutient qu'il y a 95 % de chances que l'action contre le changement climatique ne soit pas assez robuste pour confiner la croissance du réchauffement de la Terre en dessous de l'objectif de 1,5°C-2°C.

Anderson croit que les politiciens ne prendront pas assez de mesures pour lutter contre les changements climatiques, en partie parce que la menace du réchauffement climatique est souvent sous-estimée par de nombreux experts. Il explique que si nous ne sommes pas prêts à faire face aux défis que nous avons devant nous, les réponses que nous proposerons ne seront pas appropriées. Il pense qu'il y a un risque de 95% d'échouer. 



En replaçant cette discussion dans une échelle de temps plus large, on doit se rappeler que le rapport Meadows [2] avait pour ambition de réduire la croissance à une vie prospère et soutenable sur la planète. C'est dans une perspective de transition douce que quelques scénaris avaient été proposés en 1972, puis dans les mises à jour de 1992 et 2002. 

Par la suite, d'autres mises à jour n’ont pas été proposées car il n’y avait plus de possibilité de transition douce. Cette évidence aux yeux de Dennis Meadows n’est pas passée du côté des politiciens avec toutes les grandes conséquences qu’elle recelait de devoir contrer le réchauffement climatique de manière beaucoup plus brutale. 

Les compagnies pétrolières avaient déposés des mines depuis des années sous les arguments en faveur d’une action climatique urgente. Mais les politiciens ne sont pas seuls coupables. La communauté académique, la communauté scientifique, les journalistes et les ONG le sont aussi, chacun dans une attitude attentiste de ce que vont faire les autres. 

Kevin Anderson pense qu'il reste une petite chance de 5% de réussite possible. Paul Jorion, anthropologue et sociologue, estime que le genre humain n’est pas équipé mentalement [3] pour faire face à ce défi qui maintenant le dépasse.

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Au cours de la réunion éditoriale préparatoire à la publication de cet article, j'ai trouvé utile de garder ces commentaires de Jack du Climatoblogue :

Les gouvernements de ce monde versent 10 millions de $ à la minute en subvention à l'industrie des combustibles fossiles. Par année, ça fait 5,3 billion (53 000 000 000 000 $) par année. Aux dernières élections Américaine, c'est, à toute évidence, l'industrie des combustibles fossiles qui a gagné.

Quand ça fait presque 5 ans qu'on écoute et lis presque tout ce qui a trait au réchauffement climatique ; quand on sait que rien n'a été fait entre la 1ere COP de 1992 et celle de Paris en 2015, on se demande vraiment ce qui bloque la machine. Qui mets des bâtons dans les roues? Et la COP 21 est de loin insuffisante, elle nous garantit au minimum 3°C à 4°C de réchauffement, ce qui serait cataclysmique. Quand on voit les prévisions du GIEC basées sur des technologies dont on ne connaît rien, et encore moins la certitude que ça fonctionnera, on pense qu'il doit forcément y avoir anguille sous roche ; la survie de l'espèce humaine semble basée sur des chimères...

Quand on voit tout ça, on a envie de croire à une petite théorie conspirationniste... Le GIEC et les COP semblent avoir pour but d'estimer combien de combustible fossiles on peut encore brûler et pas de limiter le réchauffement climatique à un niveau sécuritaire.

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GIVING UP ON CLIMATE CHANGE ?

The United States and Canada agree on the increased use of shale gas by constructing three pipelines across the North American continent. Petroleum drilling is already authorized in the territories of the great north Canadian and the Russians foresee as much on the Siberian side of the Arctic.
Aircraft orders have never been higher in the world. The extension of the London Heathrow airport as well as alternative solutions to the construction of the second airport of Nantes, France are planned. There is an urgent need for aircraft powered without kerosene such as dirigible balloons and solar planes. The slower mobility implied by these solutions means that they remain in cartons as concepts.

All this is in contradiction with the Paris agreement reached in December 2015 at COP21, which aimed to contain global warming between 1.5°C and 2.0°C.

At the IPCC, climate change experts say they want to stay within these limits. But in view of the impossibility stated de by the academic and scientific world, they implicitly suggest the use of geoengineering, which is either by solar radiation management (SRM) or by extraction and storage of CO2 from Atmosphere (CCS), to get into the nails.

Incomprehensibly, the IPCC still relies on mathematical models that do not take into account the some sixty loops of positive feedback identified by the experts. These amplifying loops have the properties of accelerating global warming and prolonging it. An average warming of 3°C to 4°C, commonly accepted by most experts, could, according to others, because of these amplifying loops, extend beyond any capacity of survival of humanity on Earth up to at least 8°C - 9°C or higher for the most skilled experts. At the time, only about 20 of these loops had been identified, but the IPCC still ignored a few. Because in its reports, the IPCC does not talk about what it can not calculate. It is for similar reason, for example, that it mentions only 1 meter of elevation of the ocean level for 2100, but the reality will be much worse, from 5 to 9 meters according to James Hansen and likely more.

These IPCC positions are not only a sign of complacency, but a green light for fossil fuels energy and non-renewable resources’ companies to develop their greenhouse gas (GHG) polluting industries, destructive of the environment.

In a recent interview [1] given to Climate News Network, Kevin Anderson, Professor of Energy and Climate Change at the University of Manchester, UK maintains that there is a 95% chance that actions against climate change are not robust enough to confine Earth warming below the target of 1.5°C - 2°C.

Anderson believes politicians will not take enough actions to fight climate change, partly because the threat of global warming is often underestimated by many experts. He explains that if we are not prepared to face the challenges we have before us, the answers we propose will not be appropriate. He thinks there is a 95% risk of failing.
By placing this discussion on a broader scale, it should be remembered that the Meadows report [2] had the ambition to reduce growth to a prosperous and sustainable life on the planet. It was from a gentle transition perspective that a few scenarios were proposed in 1972 and after in the 1992 and 2002 updates.

Subsequently, other updates were not proposed because there was no longer a smooth transition possibility. This evidence in the mind of Dennis Meadows did not pass to the politicians’ side with all the great consequences that it contained to have to attack the global warming in a much more brutal way.

The oil companies had deposited mines for years under the arguments in favor of urgent climate action. But politicians are not alone guilty. The academic community, the scientific community, the journalists and the NGOs are also, each one in a wait-and-see attitude of what others will do.

Kevin Anderson thinks there is still a small chance of 5% success. Paul Jorion, a Belgian anthropologist and sociologist, believes that mankind is not mentally equipped [3] to face this challenge that now surpasses it.
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During the editorial meeting preparing for the publication of this article, I found it useful to keep these comments of Jack who edit Le Climatoblogue :

Governments around the world are contributing $ 10 million per minute to the fossil fuel industry. Each year, that's $ 5.3 trillion ($ 53,000,000,000,000) a year. In the last American election, it was obviously the fossil fuel industry that won.

When it has been almost five years that we listen and read almost everything related to global warming; When one knows that nothing has been done between the 1st COP of 1992 and that of Paris in 2015, one really wonders what is blocking the machine. Who put sticks in the wheels? And COP 21 is far from sufficient, it guarantees at least 3°C to 4°C of warming, which would be cataclysmic. When one sees the IPCC forecasts based on technologies whose one has now knowledge, without any certainty that it will work, it is thought that there must be an hidden plan; The survival of the human species seems based on chimeras ...

When you understand all this, you want to believe in a little conspiracy theory ... The IPCC and the COPs seem to be aimed at estimating how much fossil fuel one can still burn and not limiting global warming to a safe level .

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mardi 21 mars 2017

Le réchauffement climatique redémarre

Après un fort épisode El Niño, suivi d’une accalmie commencée à l’été 2016, le réchauffement climatique a redémarré sans explication en ce début de printemps 2017. En mars 2017, le réchauffement global a atteint 1,25°C (courbe verte), tandis que l’indicateur précurseur, le réchauffement au sol dans l’hémisphère nord marque 2,47°C (courbe bleue).

Le début 2016 avait été marqué par la fin d’un puissant phénomène El Niño qui a fortement réchauffé les océans, principalement de l’hémisphère sud, et l’atmosphère partout ailleurs. Les eaux plus chaudes de l’océan austral ont dégelé la glace sous-marine de l’Antarctique libérant des plateformes de glace qui faisaient barrage aux glaciers, accélérant ainsi leur déroute. Les eaux chaudes des Caraïbes poussées vers le nord par le Gulf Stream ont contribué à la fonte du Groenland et de l’océan Arctique. Ce dernier devrait être quasiment libre de glaces l’été prochain.

Malheureusement, le principal facteur de dégel au nord du cercle polaire demeure le réchauffement au sol en hémisphère nord caractérisé par les plus fortes émissions de gaz à effet de serre de la planète. Avec le printemps revient le soleil dans le cercle polaire Arctique. La baisse du taux d’albédo fait que l’océan Arctique se réchauffe, ce qui va accélérer la fonte des glaces, et fera baisser encore l’albédo. Cela s’appelle une boucle de rétroaction amplificatrice. Les pergélisols terrestres et marins vont continuer à relâcher du CO2 ou du méthane CH4 avec régularité, des GES[1], ce qui réchauffe la planète et contribue à réchauffer les pergélisols. Encore une boucle de rétroaction amplificatrice heureusement plus lente. Les climatologues ont répertorié plus de 60 autres boucles de rétroaction amplificatrice. Le climat est entré en territoire inconnu[2].


Graphique avec la mise à jour de mars 2017.

Ce graphique[3] est la prolongation de celui que j’avais publié en août 2016, avec la particularité que cette fois, le réchauffement est par rapport à la période préindustrielle au lieu de, précédemment par rapport au XXème siècle. Le GIEC a défini la période préindustrielle comme antérieure à 1750[4]. Dans l’accord de Paris à la COP21, les 1,5°C ou 2°C de réchauffement global se rapportent à la période préindustrielle. Ce changement facilite ainsi la lecture du graphique. Les experts estiment la différence entre les deux périodes de référence à environ 0,2°C[5].

Les politiciens sont préoccupés par leurs réélections au lieu du basculement des températures qui nous entraîne vers une nouvelle normalité beaucoup plus chaude et pour le moment incontrôlable. Des élections ont eu lieu dans l’UE en 2016 et se poursuivront en 2017. Dans cette période des élections législatives et/ou présidentielles touchent les pays suivants : Portugal, Irlande, Slovaquie, Autriche, Royaume-Uni (BREXIT), Espagne, Estonie, Lituanie, Bulgarie, Roumanie, Hongrie, Pays-Bas, France, Allemagne, République Tchèque. La situation reste instable en Italie. 16 pays sur 28 renouent des liens entre politiciens. Les élections en France et en Allemagne décideront de l’avenir de l’UE.

Toutes les crises en cours se combinent, s’amplifient et s’accélèrent : climatique, environnementale, numérique, économique, financière, sociale, culturelle, de la disparition des ressources et des espèces. Elles forment un ensemble systémique quasi impossible à contenir sans un accord beaucoup plus contraignant que celui obtenu à la COP21, faute d’avoir un pouvoir fort mondial.

En 2016 on comptait seulement 8 personnes qui possèdent la même richesse que la moitié la plus pauvre de l’humanité. Leur pouvoir de contrôle sur les médias conventionnels empêche les journalistes d’exprimer tous les tenants, aboutissants et conséquences de ces crises, parce qu’on le leur interdit ou parce qu’ils s’autocensurent. Le fait qu’ainsi une majorité de journalistes ne parlent pas de ces crises préoccupantes, les minimisent (comme la tempête Zeus), les évacuent de l’actualité, maintient les peuples dans l’ignorance de ce qui les attend à moyen ou très court terme en matière de hausses des températures et de leurs conséquences en événements de plus en plus extrêmes.

Les pouvoirs politiques et médiatiques étant défaillants, seules des associations citoyennes peuvent s’organiser pour prendre le relais, tout en se trouvant confrontées à l’hostilité des pouvoirs politiques, économiques, financiers et médiatiques. Dans l’UE, la majorité des citoyens utilise déjà les urnes depuis plus d’une décennie pour sanctionner les politiques dont l’autisme flagrant prépare une situation prérévolutionnaire, sans qu’ils veuillent l’admettre ! À moins qu’un événement climatique plus grave que d’habitude constitue un jour la goutte d’eau qui fait déborder le vase, libérant la parole qui pourra de nouveau passer normalement dans les médias.

Après cette prise de parole nouvelle, la première mission dévolue aux politiques sera l’arrêt complet des émissions de gaz à effet de serre, puis l’examen des possibilités d’extraction du CO2 de l’atmosphère, mais pour le mettre où ? Peut-être de le rejeter vers l’espace ? Les politiques ne pourront pas empêcher les gens de porter massivement plainte contre l’état pour les préjudices de son imprévoyance.

C’est l’accumulation des événements extrêmes dans des laps de temps plus courts qui provoquera des disruptions de plus en plus longues dans l’approvisionnement des produits de nécessité courante pour notre mode de vie occidental. La préoccupation d’une alimentation quotidienne va voir se dépeupler les villes au profit de la campagne où les gens peuvent  s’investir plus facilement dans la production maraîchère autonome, puis d’autres produits alimentaires.

Des groupes locaux de producteurs-consommateurs se formeront autour de l’alimentation, de l’énergie et de la mobilité. Ils assoiront l’indépendance de leurs échanges vis-à-vis de l’extérieur par l’usage de monnaies locales. De nombreux groupes locaux se sont déjà formés avec un imaginaire à la recherche de la résilience qui leur permettent d’affronter les événements extrêmes à venir. Avec un habitat résistant aux fortes intempéries, des lieux de production alimentaire protégés des inondations, des lieux de repli et de migration possibles en cas de submersion de catastrophes successives.

Maintenant que la fenêtre d’opportunités pour l’action s’est refermée, les conséquences immédiates d’arrêter ou pas les émissions de GES sont semblables sauf les conséquences à long terme. Cela jusqu’à ce que la température moyenne se soit stabilisée quelques temps après l’arrêt des émissions. Cette température moyenne sera beaucoup plus élevée qu’on ne le pense et il n’est pas sûr que ce soit compatible avec la vie humaine, sauf peut-être à certains endroits où il faudra migrer. En cas de migration, la sécurisation des centrales nucléaires jusqu’à leur démantèlement peut difficilement être assuré.





[1] Gaz à effet de serre.
[3] NOAA, National Centers for Environmental Information, State of the Climate: Global Analysis for 2012-2017, published online and retrieved between August 22, 2016 and February 21, 2017 from http://www.ncdc.noaa.gov/sotc/global/20yymm (yy=année, mm=mois)
[4] Voir dans le glossaire du GIEC la définition de « Industrial revolution »
[5] Voir dans le site du GIEC « IPCC - Climate Change 2001: Synthesis Report ; WG1 Summary ; page 29 », le graphique Figure 5 nous montre qu’en 1750 on était à environ 0,2°C en dessous de la période de référence 1961-1990 qui est sensiblement la même que celle du xxème siècle. Les experts consultés sont Michael E. Mann Pennsylvania State University et David Spratt « As 2015 smashes temperature records, it’s hotter than you think », 4ème graphique.